vendredi 4 septembre 2015

"Mon heure viendra" de Nina Vogt-Østli

Chronique d'Anahita sur le blog Un simple tabou


Cette histoire m'a bien remuée, et je me suis énormément attachée au protagoniste, Hans Petter, jeune garçon de 15 ans. Au collège, il est le souffre-douleur d'Andréas - un élève de sa classe - qui profite de son physique et de sa force pour imposer sa loi. Cela fait des années qu'il lui inflige le même traitement. Mais Hans Petter accuse les coups, les brimades, sans rien dire. A la maison, il vit seul avec sa mère. Affectueuse, protectrice et un tantinet simplette, elle a tout essayé pour le sortir de cette situation. En vain. De temps à autres, il voit son père, pour discuter de tout - sauf du collège - autour d'un coca. 

Sa rencontre avec Fera va bouleverser son quotidien. Hans Petter va commencer à se poser des questions. Des questions cruciales qui ne trouvent pas toujours de réponse. Le lien qui unie ces deux adolescents est troublant, réaliste et très touchant. Qui n'a jamais voulu fuir sa vie réelle en se créant une bulle virtuelle ? Il arrive parfois que l'on ose plus facilement se confier à une personne que l'on ne connait pas. Tous les deux vont ainsi tenter de comprendre comment fonctionne le monde de l'autre. Malgré la méfiance, le doute, la distance, une amitié va peu à peu se nouer entre eux. Les dialogues sont poignants, et parfois teintés d'humour ; le ton est juste. On se laisse porter par la plume fluide de l'auteur, par le suspens qui va crescendo au fil des pages.

Le côté fantastique est présent mais léger, et ne parasite pas le réel, ni la vie d'Hans Petter. On est amené à se poser les bonnes questions : qu'est-ce qui fait de quelqu'un une personne mauvaise ? Certains humains sont-ils intrinsèquement mauvais ? L'auteure y répond avec adresse et subtilité, mettant en avant les conséquences psychologiques d'un harcèlement scolaire, à la fois physique et moral. 

Ce roman, bien que sombre, est empli d'espoir. Je l'ai refermé le cœur lourd, mais un sourire aux lèvres.