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mardi 3 avril 2018

"Une petite voix" de Patrick Olivier Meyer

Chronique du blog Takalirsa



Quand la solitude d'un petit garçon pointe les travers de notre société. 

"Se lever. S'habiller. Petit-déjeuner. Monter dans la voiture. Des matinées constituées d'un enchaînement d'actions, lui un automate, prêt à revivre la journée de la veille, la journée du lendemain." : d'emblée, Jérémy pose son quotidien - notre quotidien - comme aliénant. Relations sociales forcées pour lui à l'école, pression et stress au travail pour ses parents, et le weekend, animaux sauvages domestiqués dans les zoos ou encore surconsommation dans les centres commerciaux : "Où qu'il fût, il se cognait contre le quotidien, emberlificoté dans des considérations terre à terre", et pour lui qui n'aspire qu'à un peu de calme et de rêverie, "le monde est trop bruyant. Le monde va trop vite." Aimant la lecture, jouer aux billes et aux Lego, détestant le foot ("Il préférait son statut de remplaçant qui n'entre jamais sur la pelouse."), Jérémy est en décalage avec ses camarades comme en témoigne la fête d'anniversaire de son copain Wilfried : "De baignade il n'y eut point, ni d'activités dans le jardin ou de parties de cache-cache. Ils s'étaient agglutinés devant la PS4." 

Préférant se tenir "à l'écart", il se réfugie dans son petit univers où règne l'imagination, élaborant toutes sortes de scénarios comme sont censés le faire les enfants de cet âge. D'ailleurs il aurait bien gardé le casque anti-bruit essayé sur le chantier de son père, "il le garderait vissé sur ses oreilles dès qu'on viendrait l'importuner. Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que vous dites ?" !.. Dans sa vie, "Jérémy aurait voulu de l'aventure" et le personnage d'April concentre tout ce à quoi il aspire : une vie de bohème, sans contraintes ni adultes pour les imposer : "April ne semblait obéir à personne, à aucune règle". La fillette apparaît par intermittence dans le texte, sous la forme de chapitres écrits en italique où elle raconte ses pérégrinations. Au fur et à mesure que Jérémy s'enferme dans son monde, ceux-ci deviennent de plus en plus longs et se teintent de fantastique, jusqu'à ce que rêve et réalité se télescopent... 

L'attitude de son fils effraie la mère, à mille lieues d'envisager, tout simplement, que pour lui les autres représentent "de l'énergie brute en cascade", alors qu'elle est elle-même victime de ses collègues. Il n'y a "rien d'anormal" assurent pourtant les multiples spécialistes qu'elle rencontre, "c'est juste un enfant calme", "un garçon précoce, sensible, avec un fort caractère. Il est même assez drôle dans son genre". Vu de l'extérieur, c'est plutôt la grande sœur Flore qui, à treize ans, joue "the sexiest girl on earth", entre fêtes, alcool et sorties non autorisées ! Seul un bref séjour à la campagne, lors duquel parents et enfants seront "réunis loin des tensions et de la pression", fera office de bouffée d'oxygène. 

On ne sait pas exactement quel élément déclenchera l'émergence de cet enfer (ou alors je n'ai pas bien compris la fin). "Il faut juste que tu te lances", conseille April à Jérémy (mais elle n'est qu'une voix en lui, non ? donc une auto-persuasion). Comme on l'aura compris, "il n'est jamais simple de sortir de l'enfance" et pour cela, il est "important de croire à quelque chose". Peut-être Jérémy a-t-il perçu de minimes changements porteurs d'espoir, comme le changement de travail de sa mère, une attention accrue de sa sœur, une disponibilité nouvelle de son père... Le garçonnet semble enfin dans l'acceptation, cependant il serait dommage qu'il renonce à ce qu'il est, parce que c'est lui qui est dans le vrai !

lundi 11 septembre 2017

"Une petite voix" de Patrick Olivier Meyer

Chronique du blog Entre les pages



Jérémy n’est pas un petit garçon comme les autres. Il est de ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Conclusion, il est plutôt solitaire et ce qui le touche lui est du n’importe quoi pour les autres. Incompréhension et mésentente sont malheureusement souvent au programme de ses journées. Il faut ajouter à cela que son père travaille beaucoup, que sa mère l’emmène chez tous les médecins qu’elle trouve pour mettre un nom sur son « problème », que sa sœur est en pleine crise d’adolescence et que son grand frère, son complice, est parti pour ses études. Alors, parce que Jérémy ne trouve pas sa place dans le monde formaté dans lequel il vit, il s’invente une amie, April March, qui, elle, mène l’existence dont il rêve. 

En effet, April s’enfuit du pensionnat anglais dans lequel elle vit, voyage à travers son pays pour fuir ceux qui la recherchent, rencontre des gens, ne sait pas où elle sera le lendemain. Elle est complètement en dehors de la boîte dans laquelle elle est censée se faire une vie et est un refuge où Jérémy la rejoint régulièrement et de plus en plus intensément. Une petite voix est le premier roman pour la jeunesse de Patrick Olivier Meyer. Dans celui-ci, les chapitres alternent entre le quotidien de Jérémy et celui qu’il invente à April March, son printemps, sa renaissance. L’écriture est belle mais surtout subtile. Elle réussit à dire beaucoup de choses, à montrer clairement la personnalité et la douleur d’un enfant qui ne peuvent être saisies par la société et ses membres telle qu’ils sont aujourd’hui. Cet ouvrage est aussi un joli hommage à la force de chacun pour rester soi-même. La lecture est donc agréable, pertinente et forte.

vendredi 25 août 2017

"Une petite voix" de Patrick Oliver Meyer

Chronique du blog Les enfants à la page


Quand une petite voix intérieure guide la vie d’un enfant...

Jérémy n'est pas comme les enfants de son âge. Une seule chose l'intéresse : retrouver April March, la petite fille qui vit dans son esprit...

Une petit voix est le coup de cœur de cette fin d'été. Ce roman touchant raconte pourquoi Jérémy, 8 ans, se sent si seul. Il ne trouve sa place nulle part ni chez lui ni à l’école. Très imaginatif, il s’évade de son quotidien insipide grâce à April March, une petite fille qui vit en lui et dont il ne révèle l’existence à personne.

En parallèle, on retrouve donc le quotidien de cette aventurière intrépide qui a réussi à s'échapper de son pensionnat anglais. April comble les manques de Jérémy. Mais, petit à petit, le jeune garçon ne rêve plus que d'une chose : se rendre à Londres pour rejoindre April, la seule, selon lui, qui le comprend vraiment, son unique amie.

"Assis sur le muret, à son poste de contrôle, dans la cour de l'école, Jérémy observait le spectacle. Les uns dévalaient le toboggan, les autres jouaient avec une balle qui passerait inévitablement par-dessus le grillage. (...) Un jour, ils seraient tous morts, se dit Jérémy. Ombres en cavale. Disparus potentiels. Promis à l'oubli."

Le comportement de Jérémy suscite l’incompréhension et l’inquiétude de son entourage. Sa mère l'envoie chez un psy, son père, obnubilé par son travail, n'accorde que peu de temps à sa famille (un week-end à la campagne ne permet qu'un bref répit). Et Flore, sa sœur, en a marre que la vie de la famille ne tourne qu'autour de lui.

L'auteur réussit à merveille à partager les émotions de Jérémy. Ainsi, lorsque ses parents reçoivent à dîner, il n'a pas envie d'être parmi tout ce monde et de jouer avec les autres enfants. Lui, veut s'évader avec April... Mais, on ressent aussi le désarroi de la mère qui se retrouve à faire face à un comportement qu'elle ne comprend pas.

Et si dans une société formatée, rêver était une maladie ? On retrouve avec bonheur la plume élégante de Patrick Olivier Meyer. Cette fois, il s'adresse à de jeunes lecteurs et leur offre un personnage attachant. On plonge avec délectation dans cette histoire originale et on jalouse ce héros sensible à l'imagination foisonnante.


"Une petite voix" de Patrick Olivier Meyer

Chronique du blog Méli-mélo de livres


Jérémy, jeune garçon de 8 ans, se sent bien différent des autres : à son âge, il éprouve une grande solitude, se sent en permanence en décalage avec les autres, aussi bien en famille qu'à l'école. D'une sensibilité et d'une imagination qui le dépassent, il s'est inventé un personnage : April March. Tout le contraire de lui : elle est libre, déterminée, originale. Son existence reste secrète. Il rêve de la rejoindre afin d'échapper à cette existence sans goût.

Le roman est construit au début sur l'alternance des vies des deux personnages : le quotidien de Jérémy fait d'incompréhensions et de grande solitude et celle d'April, jeune orpheline qui fugue et vit des aventures incroyables dans toute l'Angleterre. Peu à peu, April disparaît au profit de la souffrance de Jérémy qui dépérit, étouffé par son imaginaire, incompris par son entourage familial.

A vrai dire, en commençant ce roman, je ne m'attendais pas à tant de tristesse. Je pensais trouver un roman dans la même veine que celui-ci.


C'est un roman qui serre le cœur tant le personnage perd tout appétit de vivre, avec un entourage incapable de comprendre ce qu'il vit à l'intérieur. En permanence, leurs dialogues sont des dialogues de sourds. Le lecteur se sent impuissant, lui qui a un peu plus les clés pour comprendre Jérémy (quoique...).

On oscille entre rêve et réalité, voire dans un état semi-comateux, qui finit par provoquer une sorte de malaise diffus, difficile à expliquer. Sans doute ce que ressent le jeune garçon. Et c'est vraiment inconfortable !

Un roman très fort sur la différence, sur comment trouver sa place quand on n'est pas comme les autres à l'intérieur, sur la force et le pouvoir des rêves, mais qui m'interroge tout de même sur le lectorat cible. Je ne sais pas si des lecteurs de 9 à 12 ans seront en capacité de saisir tous les enjeux soulevés par cette lecture : la construction n'est pas si aisée à suivre, le basculement de Jérémy est assez abrupt alors que la première moitié du roman plus légère, et la fin assez étrange quoique très belle.

Une lecture en demi-teinte donc qui m'interroge mais qui a le mérite de poser subtilement ces émotions décalées de l'enfance et qui trouvera écho chez tous les enfants hypersensibles et imaginatifs. Une clé de compréhension aussi sans doute pour les adultes qui les entourent. Je l'ai d'abord ressenti comme tel.

Il s'agit du premier roman jeunesse de l'auteur.


lundi 12 juin 2017

"Les extraordinaires aventures du géant Atlas" de Denis Baronnet

Chronique du blog Méli-Mélo de livres



Fan de mythologie, approchez-vous ! Ça va décoiffer !

Voici une réécriture très loufoque d'un épisode de la mythologie : celui où Zeus, le Dieu des Dieux, impose à Atlas, le géant vaincu, de porter le ciel à bout de bras dans un coin reculé de la Méditerranée. Le géant s'acquitte de sa tâche avec sérieux et dévouement, il reçoit bien quelques visites (Héraclès et Dédale) jusqu'au jour où, malheur, son postérieur se met à le gratter furieusement. C'est le début de la fin ? Non, plutôt celle des extraordinaires aventures du géant Atlas !

Franchement, je me suis payée une belle tranche de rires à presque chaque page de ce récit tant l'auteur, Denis Baronnet, homme de théâtre et dont il s'agit du premier roman, a su y instiller du second degré à la pelle, de l'humour à tous les étages, des cascades en chaîne en veux-tu en voilà !


Je vois bien ce roman adapté en pièce de théâtre pour enfants, tiens tiens, tant les scènes sont visuelles, les dialogues percutants, les personnages très présents.

Vraiment, un régal de lecture ! De quoi réconcilier les enfants avec la mythologie.

Ne surtout pas passer à côté de ce monument qu'est le géant Atlas, vous le regretteriez !

mardi 2 mai 2017

Les extraordinaires aventures du géant Atlas

Chronique d'Auguste





Autant vous le dire tout de suite : j’ai adoré ce roman Les extraordinaires aventures du géant Atlas ! Il nous entraîne dans l’univers sérieux de la mythologie grecque, tout en ayant recours à des dialogues rigolos et décalés. Atlas est bien un titan, un titan condamné à soutenir le ciel, mais un titan avec des imperfections (il n’a pas de sens de l’orientation, il a des démangeaisons, etc.)

Un mystère demeure pour moi à la fin du roman : que s’est-il passé après la rencontre d'Atlas avec la nymphe mystérieuse ? J’aurai bien aimé connaître la suite. Peut-être dans le tome II ?...

jeudi 10 septembre 2015

"Le rayon fille" de Denis Lachaud

Chronique de Juliette





C’est un roman philosophique qui a pour narratrice Tina, 10 ans. Elle nous fait part des questions qu’elle se pose sur sa vie : Le travail de ses parents : sont-ils agents secrets ou de simples fonctionnaires ? Les vêtements : comment convaincre sa mère de lui acheter la même jupe que Beyoncé ? Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre c’est que Tina est très curieuse et trouve chaque fois une réponse à son interrogation qu’elle soit étrange ou non. Comme elle le dit « nous sommes tous des icebergs » car nous avons tous une face cachée. Ce que j’ai moins aimé c’est que l’histoire est un peu lassante.

mercredi 9 septembre 2015

"Le baiser du mammouth" d'Antoine Dole

Chronique de Rosalie




C'est l'histoire d'Arthur un petit garçon qui a un problème, un gros problème, il est a-mou-reux. Très amoureux ! Mais pas de n'importe qui : de Fiona, la meilleure amie de Louise, la sœur d'Arthur. CATASTROPHE !!!!! Il a neuf ans et elle en a quinze. Mais il a un plan pour annuler leur différence d'âge, un plan à nous geler le cerveau… Ce livre est très marrant et je le recommande aux enfants qui sont amoureux de quelqu'un de plus grand qu'eux ou aux enfants qui aiment les plans diaboliques – comme moi ! niark niark niark

"Sauf que" d'Anne Vantal

Chronique de Rosalie





Je m’appelle Valentin, je vais à l'école tout seul car je n’ai que deux rues à traverser. Je suis poli, courtois et je vais vous raconter mon histoire : « Un jour je me suis réveillé comme tous les jours, pris mon petit déjeuner, m’habillai et partis pour l'école. J'étais sur le chemin sauf que !... J'ai été stoppé net. Il y avait par terre quelque chose de noir, plat, rectangulaire et à moitié dans le caniveau (berk). Qu'est-ce que c'est ? J’ai bien aimé ce livre car il y a du suspense ! Je me suis mise à la place du héros, j’ai essayé de vivre l’aventure comme un jeu. La lecture ce n’est pas qu’une passion, ça peut être aussi amusant.

"Le nouveau roi de France" de Gilles Abier

Chronique de Rosalie



L’auteur c’est Gilles Abier et la rigolade, il a ça dans le sang ! C’est l’histoire d’Adrien, un garçon de mon âge, dix ans. Il a des problèmes : ses parents ont divorcé et sa mère veut se remarier. Résultat : sa maman (Claire) + son nouveau papa (Bruno) = un grand frère de douze ans et une petite sœur de sept ans (Mathias et Salomé).

Du coup Adrien n’est plus le chouchou !!! Il décide de redevenir le centre d’attention en se faisant passer pour le Roi de la France. Adrien se déguise avec des collants bizarres, une perruque, il vouvoie ses sujets, se fait appeler Louis et refuse d’aller à l’école. Claire est stupéfaite et ne sait pas quoi faire alors que Bruno, lui, joue au petit jeu du « roi Louis ». 

Salomé quant à elle fait semblant d’être sa star préférée, Lady Gaga… J’ai beaucoup aimé ce livre car les dialogues sont marrants et parce qu’Adrien réalise finalement que sa mère l’aime toujours et que c’est mieux de vivre tous ensemble.