jeudi 7 décembre 2017

Livres pour Noël

Chronique du blog Méli-Mélo de livres


Offrir des livres-jeux fait toujours plaisir ! 

Voici le cahier de coloriage jungles tiré de ce superbe album foisonnant cachés dans la jungle, dont ma chronique en dit : 

"Un jeu de cherche et trouve. La consigne est simple : 20 animaux sont cachés dans les dix paysages proposés. Le lecteur est alors immergé en pleine jungle. Des doubles pages époustouflantes de beauté s'ouvrent alors. Au début, on oublie la consigne tant la luxuriance des couleurs suffisent à remplir le regard. Puis on entre dans le jeu : on s'amuse à rechercher les animaux et on découvre alors une multitude de détails. On peut en faire aussi une autre lecture : s'amuser à ne suivre qu'un seul animal dans les 10 tableaux et se raconter son histoire. Les solutions sont apportées à la fin du livre. Un livre à offrir sans modération !".

Dans ce cahier, tout de blanc, de noir et d'orange vêtus, 12 tableaux en double page offrent un superbe prolongement ludique et apaisant, invitant au voyage.

©Méli-Mélo de livres


Dans Un petit monde de Julie Guillem, le lecteur est invité à jouer avec des formes et à les combiner selon son imagination. 
Les 13 formes sont toutes mises à disposition puis elles sont proposées sous formes d'animaux, de maisons, de lieux, .... 
A la fin, deux pages sont à découper pour s'amuser aussi à en inventer. 
A la fois imagier et livres d'activités, voici un livre pour s'ouvrir au monde dès 4 ans. 

vendredi 1 décembre 2017

"La Grande épopée des chevaliers de la Table ronde - Tome 2" de Sophie Lamoureux et Olivier Charpentier

Chronique du blog Lire en tout genre


Lors de l’attaque de son château par Claudas, le roi Ban de Bénoïc tenta de s’échapper, emmenant avec lui son épouse Elaine et leur bébé. Malheureusement, le roi succomba dans sa fuite. Pour porter secours à son époux, la reine Elaine avait dû poser son bébé par terre. La Dame du Lac en profita pour s’emparer du garçon. Il était tellement beau qu’elle ne résista pas et l’éleva comme son fils, avec l’aide de Merlin…

Voici donc les origines de ce preux chevalier qui va ensuite rejoindre les rangs d’Arthur et devenir son plus fidèle compagnon. On découvre également son très fort attachement pour Lionel et Bohort, ses cousins avec lesquels il a grandi. Et bien sûr, son amour pour la reine Guenièvre qui occupe une grande place dans cette histoire.

Le texte est découpé en 50 chapitres courts, 50 petits épisodes qui marquent un temps fort de la vie de Lancelot, jusqu’à ce qu’il revienne près d’Arthur et reprenne sa place de chevalier de la Table ronde, afin que puisse enfin débuter la quête du Graal. L’histoire de Lancelot est marquée par de nombreuses épreuves. La première se fera au château de la Douloureuse Garde, avant qu’il n’aille participer au tournoi organisé par le roi Arthur à Camelot et qu’il devienne le champion de la reine et intègre la Table ronde. Il y aura aussi le Val sans retour, et la fameuse épreuve de la charrette. Rien n’est laissé de côté.

Ce récit est passionnant. Les nombreux chapitres permettent une lecture très fluide. Et le texte est très accessible.

Une merveilleuse façon de découvrir l’histoire des chevaliers de la Table ronde !

mercredi 22 novembre 2017

"Nightwork" de Vincent Mondiot

Chronique du blog Songes d'une Walkyrie



Un roman pour adolescents qui remue et qui plaira autant au public visé qu’aux adultes. 0n y traite du harcèlement scolaire mais aussi de la maltraitance, de la drogue, des conditions de vie dans une citée, parquée en retrait des autres à cause d’origine ethnique plus ou moins métissée et de la mort. Des sujets durs et sensibles. Le roman est sombre, prenant, addictif et franchement bien écrit.

On suit ce gamin de quatorze ans, freluquet, Patrick, un prénom rétro pour un gamin pris en grippe par les autres. Il a un grand frère Abdel, un petit voyou de quartier sur qui il peut compter, pas bien méchant, juste un contexte social qui n’a pas favorisé une insertion plus « académique », une mère au chômage, ancienne infirmière sombrant dans l’alcoolisme et la surconsommation de médicaments, éprise de crises de nerfs mais aussi de violence et surtout une meilleure amie, Mégane. Une adolescente en surpoids d’origine cambodgienne qui va apporter une lueur de bonheur à l’adolescent. Fan de jeux vidéos, Patrick s’évade dans cet univers virtuel en compagnie de son frère ou de Mégane et dont il rêve un jour d’en concevoir un jeu, Nightwork.

Chaque jour Patrick subit et à chaque page on angoisse. C’est lancinant, intrusif, dérangeant et révoltant. Des comportements qui dépassent l’entendement, des actions qui peuvent choquer, un amour fraternel fort qui va malheureusement dégénérer, tout cela marque et amène à se poser des questions sur la notion de parentalité, sur le mal être adolescent, sur le conditionnement social, sur le « parquage » des uns et des autres, sur la violence, sur le trafic de drogue, la prison aussi. Sur tous ces travers qui affectent certains adolescents, une période difficile à gérer pour la plupart car ils ne sont pas tous nés avec une cuillère en argent dans la bouche.

On ne peut pas dire que l’adolescent soit aidé, Patrick est un adolescent gringalet, sensible et qui n’a certainement pas demandé et encore moins mérité ce qui lui arrive. C’est un enfant chétif qui tente chaque jour de survivre dans un monde qui lui est hostile. J’ai aimé cet adolescent, son innocence, sa passion pour les jeux vidéo, sa relation amicale avec Mégane, très adolescente justement, faite de rire, de simplicité et d’échange en ligne entre deux quêtes ou combats, ses questionnements sur sa vie, sa famille. C’est un adolescent intelligent qui est juste très influençable. Et quand le dérapage arrive, il perd complètement pied, sombrant peu à peu dans une solitude difficile à supporter, pourtant on s’y attache inévitablement.

Autour de lui gravitent des personnages secondaires indispensables et qui ont un vif intérêt dans ce roman. Ce sont des personnages clés pour le héros, qui apportent des auras émotionnels intenses, l’amour fraternel pour Abdel, ce frère plus âgé protecteur mais complètement irresponsable, l’amour maternel pour sa mère, absente, dépressive, nuisible pour son fils, un personnage qui met très en colère, l’amitié pour Mégane, un personnage original et plus solaire qui amuse avec son bonnet panda et qui noue une relation presque fraternel avec le héro, elle apporte clairement une certaine stabilité, un point de repère pour Patrick.

A travers son regard adulte, Patrick le narrateur a vingt et un an, il nous raconte sa véritable histoire, celle de son frère, celle de sa mère et celle de sa meilleure amie Mégane. Une histoire tragique. Il raconte comment un jour tout à déraper, comment sa vie déjà difficile s’est achevée de sombrer. On sent que c’est fébrile, qu’il s’interroge sur le regard d’autrui sur son histoire, qu’il ne se cherche pas d’excuse, qu’il accepte parfaitement ses actes et qu’il y voit surtout un exutoire, une possibilité de pouvoir enfin se reconstruire et vivre sa propre vie, indépendant et libre.

En bref, un roman fort et intense qui touche profondément à différents thèmes sensibles aux adolescents et qui va même beaucoup plus loin. Une lecture addictive qui vous laisse une vague trace d’angoisse après sa lecture. Étonnamment, en tournant les dernières pages, je n’ai pensé qu’à cet oiseau sauvé par deux demi-frères adolescents et encore innocents, cette notion d’espoir. Une très belle lecture.

mardi 21 novembre 2017

"La Grande épopée des chevaliers de la Table ronde - Tome 2" de Sophie Lamoureux et Olivier Charpentier

Chronique du blog Des livres, des fils et un peu de farine



J’avais beaucoup aimé cette façon de rendre accessible la légende arthurienne aux plus jeunes lors de ma lecture du premier opus qui était centré sur Arthur et Merlin. Et bien c’est toujours le cas avec ce récit, qui se concentre sur Lancelot et Guenièvre. Le vocabulaire est très bien adapté, le découpage en chapitre court permet à l’enfant de lire à son rythme, d’assimiler correctement l’information, et le tout est agrémenté par de belles illustrations qui reflètent bien le côté Moyen Âge. Pour l’avoir testée une nouvelle fois, la lecture à haute voix est facilitée par la longueur des chapitres, et cela permet ainsi à l’enfant de poser des questions en fin d’épisode, de commenter ce qu’il vient d’entendre ou lire, sans pour autant perdre le fil de l’histoire lorsque l’on poursuit la lecture. Et mes enfants étant plutôt curieux, il y a eu de grandes conversations après certains chapitres! « Pourquoi la Dame du Lac ne veut pas que le petit garçon sorte du château? », « Oh! Mais Guenièvre, elle est mariée avec Arthur, si elle est amoureuse de Lancelot, elle n’a qu’à divorcer! », et j’en passe! Tout cela étant une preuve que le récit a su les captiver, les intéresser. J’ai moi-même eu plaisir à retrouver ici l’épisode de la charrette alors que je l’avais étudié et décortiqué au lycée. Cet épisode m’a valu un fou rire quand ma fille m’a tout simplement dit « En fait, il est malin, Lancelot, en montant dans la charrette, au moins, il ne se fatigue pas à marcher! ». Bref, vous l’aurez compris, ce récit a été apprécié par tous à la maison, que ce soit en lecture solitaire et autonome, ou en lecture à voix haute au cours de laquelle j’ai pu constater qu’il est possible d’intéresser des enfants à des thèmes très éloignés de leur quotidien, comme la chevalerie et son code d’honneur, et Sophie Lamoureux y parvient très bien. C’est toujours un plaisir pour moi de replonger dans la légende arthurienne, et ça l’est encore plus quand c’est aussi joliment bien fait. Le prochain opus est déjà très attendu par mes deux insatiables! : « et ils vont le trouver, le Graal? ». Ils m’épuisent, mais leur curiosité fait tellement plaisir!

Un récit accessible dès 8 ans en lecture autonome, que les moins jeunes apprécieront également grâce aux aventures qui s’y déroulent, mais qui saura aussi charmer les plus plus jeunes en lecture à voix haute.

"YOKAI" de Fleur Daugey et Sandrine Thommen

Chronique du blog Songes d'une Walkyrie


Amateurs de folklore nippon, de monstres en tout genre et de légendes urbaines, cet ouvrage est fait pour vous ! Très joliment illustré par Sandrine Thommen, le livre est un hymne à la culture japonaise et à ses croyances qui devraient certainement convaincre les plus jeunes pour le bestiaire et les moins jeunes pour toutes les références et réflexions qu’il recèle.

Yôkaï ! sonne comme un cri de victoire japonais mais sous ces quelques lettres se cachent en réalité des créatures diverses et variées (ma préférence va au Tanuki, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez voir Pompoko du studio Ghibli). En résumé, toute apparition surnaturelle japonaise peut être qualifiée de yôkaï et donc s’expliquer ainsi. Il peut s’agir d’animaux, d’hommes ou de femmes, de créatures issues de l’imaginaire mais aussi d’objets. Pas franchement méchants, ni foncièrement gentils, la plupart du temps taquins et joueurs et très souvent physiquement effrayants.

Le livre se présente sous la forme d’un catalogue de créatures soigneusement illustrés avec un descriptif détaillé du yôkaï présenté et parfois même une légende ou un conte associé. Ainsi, on a un texte explicatif de son origine et de ses caractéristiques, un aspect donc plus « scolaire et éducatif » et un aspect plus ludique et attractif avec une histoire à raconter, parfois loufoque, un tantinet monstrueuse, mais toujours passionnante pour alpaguer leur attention et les tenir en haleine.

L’auteure, Fleur Daugey, présente les choses avec style et simplicité. Il est important de souligner tout de même qu’il y a aussi pas mal de notions liées à la culture, à la géopolitique et à la géographie nippones qui ne seront pas forcément accessibles à tous les plus jeunes, même à 9 ans (âge recommandé pour l’ouvrage, même si les plus jeunes apprécieront les illustrations et les histoires « simplifiées », c’est le cas de mes enfants âgés de 2 ans et demi et 5 ans et demi), si le parent a un minimum de culture générale, il devrait pouvoir aisément répondre à toutes les interrogations ou zones d’ombre qui pourraient apparaître au jeune lecteur.

Autre point intéressant de l’ouvrage, c’est l’implication de la culture et de la vie sociale japonaise dans ces croyances, ces peurs le plus souvent, des yôkaïs physiquement plus terrifiants qui reflètent aussi les travers d’une société opprimée souvent basée sur la concurrence scolaire et professionnelle, mais aussi ces bienfaits à travers des yôkaïs bienfaisants et amusants. Un aspect plus intellectuel qui devrait d’autant plus être apprécié et ravir les adultes inconditionnels du Japon.

Pour en revenir aux illustrations qui sont vraiment superbes, très colorées et aux traits presque caricaturaux, qui rappellent forcément l’univers artistique japonais, elles font leur petit effet sur la jeunesse, intriguée, amusée et inquiétée par tant d’étrangeté. L’album est d’ailleurs de qualité, une couverture rigide, un papier épais, un soin apporté à la colorisation et un grand format qui en font un très beau livre objet très agréable à avoir dans sa bibliothèque.

En bref, un bel ouvrage bien documenté, bien écrit et magnifiquement illustré, reflet d’une culture bien différente de la notre mais néanmoins passionnante. Album jeunesse à découvrir

lundi 20 novembre 2017

"A la dure" de Rachel Corenblit

Chronique du blog La vie des livres


Un texte très court, comme le veut la collection, mais percutant et saisissant. Je ne sais même pas si je pourrais conseiller un seul titre de cette collection plutôt que tous. Ils sont parfaits pour les ados, pour aborder les sujets difficiles sans les moraliser ni même leur en mettre plein la tête, pour ceux qui n'aiment pas lire aussi parce que c'est rapide à lire et que la narration est faite de telle façon que ça touche toujours le lecteur. Je recommande donc celui-ci, mais également les autres de la collection, une fois encore.

« À la dure » raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur, proches par la force des choses... En effet, So est partie du cocon familial depuis plusieurs années mais elle revient du jour au lendemain pour demander à Arthur de l'aider à se sevrer. Pendant une semaine, ils vont traverser cette difficile épreuve tous les deux, en se détestant mais aussi en s'aimant plus que tout.

Grâce à ce court texte, l'auteure va droit au but. L'histoire commence avec le retour de So, alors que les parents ne sont pas à la maison, et on découvre donc très rapidement cette descente aux enfers aux côtés d'Arthur et sa sœur. Plus que tout, on découvre à quel point les liens fraternels sont forts car Arthur, trop jeune pour être dans cet univers, trop rangé, déteste ce qu'est devenue sa sœur mais il déteste aussi l'idée de la laisser tomber. Elle a besoin de lui plus que de quiconque et, malgré son jeune âge, il en est tout à fait conscient. Il n'a aucune confiance en elle, en son avenir, mais il ne veut qu'elle traverse cette dure épreuve toute seule.

La fin est assez ouverte, on ne sait pas tellement ce qu'il va advenir des personnages, tout est possible mais l'auteure ne va pas jusqu'aux détails. Elle va toujours droit au but, nous montrant bien ce que ressentent les personnages, nous faisant vivre cette douloureuse expérience avec eux.

Un court roman percutant, émouvant, touchant, qui fait réfléchir et ouvrir les yeux sur un sujet délicat et difficile.