jeudi 15 juin 2017

"Dans les dents ! une vie d'ogre" de Denis Baronnet et Gaëtan Dorémus

Chronique du blog D'une berge à l'autre



L’ogre Petit Georges a été mis au ban de sa communauté après avoir dévoré sa petite sœur âgée de quelques mois. Esseulé au fond des bois, il est un jour plongé dans le sommeil par un magicien. Se réveillant des siècles plus tard, l’ogre se retrouve à notre époque et se confronte aux dures réalités du monde moderne. Les randonneurs deviennent ses proies favorites mais un jour en croquant dans la jambe en acier de l’un d’eux, il perd ses dents. Un événement qui sera le point de départ d’une course poursuite infernale mettant en scène des personnages tous moins recommandables les uns que les autres.

L’ogre de cette histoire ne fait pas dans la dentelle. Il mange les enfants, les passants, tous ceux qui croisent son chemin. La policière censée mettre fin à ses agissements est plus véreuse qu’une pomme tombée de l’arbre, le bienfaiteur qui sauve Petit Georges des forces de l’ordre est un truand racketteur qui passe ses journées à récolter de petites enveloppes remplies de billets. Tout le monde cherche à tirer profit de la situation, c’est drôle et cruel, magistralement illustré par un Gaëtan Dorémus en pleine forme (la scène où Petit Georges s’imagine créer un poulailler pour humains où il irait chaque jour récupérer sa pitance comme on va chercher des œufs est de loin la plus savoureuse).

Après, l’ensemble est trépidant, les événements s’enchaînent vite, très vite, trop vite parfois, le récit semblant avancer au rythme des grandes enjambées de l’ogre. Mais peu importe cette impression de précipitation, on se laisse au final embarquer par une vague de truculence qui dévaste tout sur son passage. Les amateurs de littérature jeunesse politiquement incorrecte et d’humour noir vont se régaler, les autres peuvent passer leur chemin, cette vie d’ogre n’est à l’évidence pas destinée aux pisse-froids, qu’on se le dise !

Une pépite jeunesse que je partage une fois de plus avec Noukette.

mardi 13 juin 2017

"ARBRE" d'Amandine Laprun

Chronique du blog Les petites madeleines



Il y a des livres-objet qu'on voudrait laisser indéfiniment ouverts sur un bureau ou une étagère, juste pour que nos yeux captent leur poésie à chaque passage. "Arbre" d'Amandine Laprun est de ceux-là. J'ai aimé l'idée des saisons au fil des pages, et le très beau rendu quand le livre est déployé. J'ai aussi été séduite par la délicatesse des illustrations, les détails des tapis de pétales de fleurs ou des gouttes de pluie, les petits animaux qui se baladent entre les branches ou les enfants qui grimpent dans cet arbre imperturbable...c'est d'une douceur infinie ! On tourne les pages en inventant le texte, l'imagination est immédiatement convoquée, et on ne s'en lasse pas.

lundi 12 juin 2017

"Les extraordinaires aventures du géant Atlas" de Denis Baronnet

Chronique du blog Méli-Mélo de livres



Fan de mythologie, approchez-vous ! Ça va décoiffer !

Voici une réécriture très loufoque d'un épisode de la mythologie : celui où Zeus, le Dieu des Dieux, impose à Atlas, le géant vaincu, de porter le ciel à bout de bras dans un coin reculé de la Méditerranée. Le géant s'acquitte de sa tâche avec sérieux et dévouement, il reçoit bien quelques visites (Héraclès et Dédale) jusqu'au jour où, malheur, son postérieur se met à le gratter furieusement. C'est le début de la fin ? Non, plutôt celle des extraordinaires aventures du géant Atlas !

Franchement, je me suis payée une belle tranche de rires à presque chaque page de ce récit tant l'auteur, Denis Baronnet, homme de théâtre et dont il s'agit du premier roman, a su y instiller du second degré à la pelle, de l'humour à tous les étages, des cascades en chaîne en veux-tu en voilà !


Je vois bien ce roman adapté en pièce de théâtre pour enfants, tiens tiens, tant les scènes sont visuelles, les dialogues percutants, les personnages très présents.

Vraiment, un régal de lecture ! De quoi réconcilier les enfants avec la mythologie.

Ne surtout pas passer à côté de ce monument qu'est le géant Atlas, vous le regretteriez !

"Arbre" d'Amandine Laprun

Chronique du blog Méli-Mélo de livres


Regardez cette merveille ! 
Un livre-objet qu'on ouvre et qu'on déploie pour voir apparaître un arbre coloré plein de découvertes cachées entre ses branches au fil des saisons. 

Du tronc à sa ramure, ce sont mille petits détails qui racontent la vie qui bruisse entre ses branches : ce cerisier (car c'est un cerisier !) accueille tantôt les enfants qui y grimpent, les merles qui se régalent de ses fruits juteux, tantôt le nichoir à oiseux plein de graines, l'écureuil agile ou la pluie qui le rafraîchit.


Le tronc est aussi témoin de la vie du jardin alentour : champignons, feuilles qui tombent à l'automne, bonhomme de neige des enfants l'hiver, famille de lapins qui gambade, panier gorgé des cerises ramassées,...

On se régale de tourner ces pages-ramures qui révèlent leurs secrets au fil des saisons. Et nul besoin de texte : l'histoire est là.

Un bien beau livre, très soigné, très frais, signé Amandine Laprun, dans lequel je reconnais aisément le cerisier de mon propre jardin. 

Comme le tourniquet de la vie qui toujours se renouvelle...

Un livre à offrir pour faire plaisir !

Je dédie cette chronique à mes arbronautes du blog A l'Ombre Du Grand Arbre !

vendredi 9 juin 2017

"Petites et grandes histoires du rock" de Raphaële Botte et Arno Dufour

Chronique du blog Takalirsa


La musique des Blancs, la country, et la musique des Noirs, le blues, se mélangent petit à petit...


D'Elvis aux Beach boys, des Beatles à Nirvana, un panorama décoiffant de la culture rock qui retrace les origines (dans les années 1950) puis les évolutions du genre musical. 


Dans ce documentaire, on évoque aussi les codes vestimentaires liés à chaque univers du rock, on découvre les parcours de chanteurs excentriques, tourmentés et talentueux, leurs errances, leurs excès et leurs concerts mémorables. 


Pour chaque groupe ou artiste, une play-list des "indispensables" complète le portrait.


voir la playlist de l'éditeur
voir la playlist de l'éditeur
J'ai apprécié d'entrée de jeu le schéma, très clair, des différents mouvements rock : on y visualise la formation des différents univers (rock'n'roll, pop rock, surf rock, rock psychédélique, glam rock, hard rock, punk rock, new wave, etc.) et les groupes qui y sont associés. Ainsi, on repère plus facilement les évolutions du genre musical et on peut s'y référer en parcourant les portraits. Ceux-ci, présentés dans l'ordre chronologique, sont relativement succincts, allant à l'essentiel. On y croise beaucoup d'artistes "torturés", certes rebelles et novateurs, mais aussi en proie aux excès en tous genres (drogue, alcool...) qui bien souvent, ont raison de leur succès ! Cependant le plus intéressant reste la rubrique "dans le casque" qui oriente vers les morceaux les plus emblématiques de ces chanteurs et groupes célèbres. Entre deux biographies, les auteurs élargissent leur propos au monde de la musique : évolution des supports d'écoute, des modes vestimentaires, et aussi les festivals, les affiches... Le tout dans un livre très coloré, à la mise en page dynamique. Si l'on y trouve aucune photo, les portraits réalisés sont parfaitement identifiables. Par contre l'absence de sommaire ou d'index est regrettable, il est fastidieux de retrouver un artiste précis. 

Un très bon ouvrage pour les novices !

vendredi 2 juin 2017

"Cendrillon au musée" d'Amel Khaldi-Bonnaud

Chronique du blog Le tiroir à histoires


Si le pouvoir des contes est éternel, comme en témoignent le silence soudain et les bobines toutes ouïes des papooses à la simple prononciation de « Il était une fois... », celui de la peinture ne l'est pas moins. C'est en unissant ces deux formes d'art et de transmission qu'Amel Khaldi-Bonnaud réalise Cendrillon au musée, après le remarqué Boucle d'Or au musée.

Elle propose ainsi une réécriture du conte, illustré par des peintures fort bien sélectionnées, qui prennent à la lumière du récit un nouveau visage.

On revisite ici l'histoire des arts, de Véronèse à Lichtenstein en passant par Pissaro, Fragonard ou Miró. Un détail du Bal Bullier de Sonia Delaunay prend une toute autre dimension quand se réalisent les espérances tues de Cendrillon, quant à L'enterrement de Pierrot de Matisse ou au Baiser de Klimt, ils semblent soudain avoir été peints spécialement pour illustrer le conte.

C'est aussi l'occasion de découvrir des œuvres moins connues, comme le superbe Rayon de Félix Vallotton ou la perfection graphique du Jeune homme nu assis au bord de la mer d'Hippolyte Flandrin, qu'on va se précipiter pour aller admirer au Louvre.

Car c'est l'effet secondaire immédiat de cet album : une furieuse envie de courir au musée... quitte à en perdre son soulier dans la course !