mardi 16 mai 2017

"Le Groupe" de Jean-Philippe Blondel

Chronique du blog Entre entre les pages


Un professeur qui est également écrivain s’est laissé convaincre par une collègue de monter un atelier d’écriture au sein du lycée. Il est ouvert à tous les élèves de Terminale, pas que les littéraires. Il se déroule une fois par semaine pendant une heure. Les participants sont au nombre de douze : les deux professeurs à l’origine du projet et dix jeunes adultes. Ils se retrouvent dans une salle où ils ne vont jamais d’ordinaire, font tous les mêmes exercices et retrouvent donc au même niveau pendant cinq mois. Si auparavant ce petit monde se côtoyait, s’apercevait plus qu’ils ne se connaissait, les activités qui leur sont proposées font rapidement tomber préjugés, idées, barrières. Certaines choses gardées secrètes ne le sont plus. Au fil des textes rédigés, les caractères, les envies, les peurs, les désillusions, les espoirs, les histoires se dévoilent. Les « pelotes intérieures » se délient. 

Le groupe est un roman de Jean-Philippe Blondel qui est lui-même professeur d’anglais. Dès le prologue, il brouille donc les pistes quant au début de la fiction et la fin de la réalité, pose une première question sur le fait d’écrire et de se transformer alors automatiquement ou non en élément de fiction, et fait de son ouvrage même un exercice d’écriture. Et autant dire que ce dernier est fort. Qu’il soit inspiré de la vérité, que les textes des vrais élèves aient été retouchés, que tous n’aient pas autorisé l’auteur à les publier, que le tout soit monté de toutes pièces ou un savant mélange des deux, les « personnages » qui parlent chacun leur tour et se racontent avec puissance, leurs textes si emprunts d’eux, de leurs expériences, de leur mal être, de leurs traumatismes et de leurs rêves sont fascinants et bouleversants. Aux éditions Actes Sud junior, un magnifique hommage à l’écriture, à son pouvoir, et la conviction qu’elle se transmet.

mardi 9 mai 2017

"Le guide du petit écolo" de Fanny Gauvin, Adrien Touche et Gilberte Niamh Bourget

Chronique du site A fond la science



De nombreux constats alarmants prouvent que notre planète va mal. Il est indispensable d'avoir une attitude écologique. Les enfants en sont bien conscients mais souvent ils pensent qu'ils ne peuvent pas faire grand chose pour changer cette situation ! Le mot écologie vient du grec : oikos veut dire « maison » et logos « discours, science ». Ce livre a pour but d'expliquer que tous, et pas seulement les enfants, peuvent par leurs attitudes dans la vie quotidienne, participer à l'amélioration de l'état de la planète. En passant en revue les différentes pièces de la maison et le quartier où vit l'enfant, des missions lui sont confiées. Ainsi à la cuisine, faire la chasse au gaspillage en surveillant les dates de péremption, éviter tous les produits avec beaucoup d'emballage. Dans le salon, chasser la consommation d'énergie cachée (appareils en veille)... Ces missions sont présentés de façon ludique, avec des quiz, des recettes de cuisine pour les quatre saisons et des produits à fabriquer comme le dentifrice. Les dessins drôles et bien colorés rendent cet ouvrage attrayant !

"Ma vie de (grand et parfait) génie incompris" de Stacey Maison

Chronique du blog Takalirsa


Journal intime, roman humoristique : ce livre hors du commun (traduit par Gilles Abier) est un peu les deux à la fois et en même temps pas tout à fait l'un ni l'autre ! Constitué d'échanges de mails, d'un carnet de lectures qui se transforme en cahier de confidences, d'articles écrits pour le journal du collège et de rédactions pour le cours de français, il nous livre un portrait original du jeune héros, à la fois drôle et touchant. 

Arthur est un garçon atypique. Prévoyant de devenir "un auteur de renommée internationale", il adore écrire. Et aussi... tricoter ! Il est par ailleurs doté d'un humour décapant qui déstabilise souvent son entourage, adultes comme camarades. Ainsi, en décalage avec les autres, il semble assez solitaire : "Si je te raconte ça, carnet de lecture, c'est que je n'ai personne d'autre à qui parler". Son ego surdimensionné y est aussi sûrement pour quelque chose. 

Cependant humour et assurance cachent en réalité une certaine détresse. Entre le décès récent de sa mère ("Je pense encore à elle tous les jours"), la dépression de son père ("Nos tristesses sont si différentes l'une de l'autre qu'on n'arrive pas à les partager"), son manque d'inspiration (qu'il n'ose pas avouer) pour le concours de nouvelles sensé marquer le début de sa célébrité, son incapacité à déclarer sa flamme à la jolie Kennedy et ses altercations répétées (à la limite du harcèlement) avec Robbie, le pauvre Artie semble dépassé. Surtout que "je ne sais pas comment parler de ça" et que l'adolescent s'enferme dans une impasse. D'ailleurs au bout d'un moment l'intrigue, répétitive, tourne en rond, malgré la créativité et le "piquant" des écrits d'Arthur qui s'y défoule de manière presque insolente, devenant même agaçant. 

"Ne pas laisser nos émotions interférer dans notre travail", "trouve la poésie dans l'émotion de tous les jours", "aie confiance" : Mme Whitehead la prof de français coache à merveille son petit protégé, entre encouragements et serrage de bretelles. Au contact de Robbie (partenaire de travail imposé), Arthur apprend à nuancer son jugement sur les autres : non seulement son camarade connaît aussi une situation familiale compliquée ("Tu penses qu'il n'y a que toi qui vis des trucs durs"), mais il cache une grande imagination derrière son orthographe déplorable ("J'aime bien ses idées"), apprenant au passage avec lui "la force de l'humilité". Quant au club théâtre, il l'aide à "travailler les émotions à exprimer". 

Au final, sans se départir de son caractère créatif et non conformiste, Arthur cherchera à s'excuser de certains de ses actes, les justifiant en toute humilité. Mais c'est pour mieux repartir de plus belle, car il existe une suite à ses déboires ce qui, selon ses propres mots, est "à la fois une chance et une malédiction" !

vendredi 5 mai 2017

"Petit pois" de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chronique du blog Le tiroir à histoires


Petit pois n'est peut être pas plus haut qu'une pomme, mais c'est un sacré petit bonhomme.

Comme son nom l'indique, Petit Pois, quand il est né, était petit. Très petit.

Le début est savoureux, initiant un jeu de questions réponses qui invite le lecteur à s'en remettre au conteur.


« Ses habits ?

C'est sa maman qui les faisait. »

« Son lit ?

Ca dépendait. »


Et l'inventivité des illustrations vient compléter ou s'écarter de la voix narrative pour ouvrir un univers merveilleux où se dessinent mille petites astuces et images poétiques.

Petit Pois, c'est une redécouverte du monde dans toute l'intensité et l'immensité de ses détails minuscules. C'est aussi une réinterprétation du paysage quotidien qu'on ne regarde plus ou des objets à portée de notre vue. Mais c'est avec la délicatesse et la force créative de ce petit personnage si attachant, à la fois vulnérable et plein de ressources qu'on entre dans la magie de l'album.

Les illustrations de Sébastien Mourrain, comme dans Chez Moi, viennent dialoguer avec le texte espiègle de Davide Cali en y apportant des trouvailles ingénieuses et une poésie exquise.

Un régal que ce petit album sensible et malin.

"Petit pois" de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chronique du blog Méli-Mélo de livres



Voici un album délicat qui célèbre la capacité de l'enfance à accomplir de grandes choses.

Petit pois, bien qu'il soit minuscule, réussit à s'adapter au quotidien et vit fort bien, sauf quand il s'agit de se frotter au monde extérieur. Là, tout devient compliqué !

Petit à petit, il trouve sa place et s'épanouit dans une activité assez incongrue mais tout à fait adaptée à sa petitesse !

Un album métaphorique sur bien des aspects de la différence abordée là de façon très positive.

J'ai particulièrement apprécié à la fois le texte de Davide Cali qui reste suffisamment ouvert et poétique et les illustrations de Sébastien Mourrain pleines de finesse et d'humour : elles s'amusent des contrastes des ordres de grandeur avec beaucoup de décalage et de pertinence avec une cohérence dans les coloris.

Un album très réussi : méfiez-vous des petit pois, ils peuvent accomplir de grandes choses !

"Petit pois" de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chronique du blog L'étagère du bas



Petit Pois porte bien son nom, il est minuscule ! Sa maman lui coud ses habits, il est obligé d’emprunter ses chaussures à des poupées et dort dans une boîte d’allumettes. En grandissant… enfin en prenant de l’âge, il fait son apprentissage de la vie et devient même aventurier ! Mais, la plus grande épreuve restera son entrée à l’école et la confrontation avec un monde fait pour les enfants, les grands enfants ! Comment Petit Pois va-t-il trouver sa place dans ce vaste monde ? Tout simplement, en développant son petit truc en plus… On suit avec plaisir le parcours attachant de ce petit bonhomme pas comme les autres.


Dans Petit Pois, il est bien entendu question de différence et de confiance en soi. Le vieil adage « Ce n’est pas la taille qui compte » est mis en lumière avec originalité. Tout l’univers miniature est admirablement représenté et le texte dit beaucoup avec peu de mots… Les enfants accrochent beaucoup à la lecture de cette histoire tant ils se sentent en parfaite adéquation avec Petit Pois, eux qui sont petits comme lui et se sentent encore trop petits, enfin pas assez armés pour faire certaines choses. Dans la lignée de Tom Pouce ou Poucette, Petit Pois est un petit héros au destin hors du commun qui fera s’évader les plus jeunes !

Une fois de plus, le duo Davide Cali (texte) et Sébastien Mourrain (illustrations) nous offre un magnifique album. Je vous avais déjà parlé de Chez moi (Actes Sud junior, mai 2016) et je vous conseille aussi de découvrir Bronto mégalo saure (Sarbacane, janvier 2017). Drôle et sensible, Petit Pois est une petite merveille d’histoire. Comme d’habitude, je ne vous dévoile pas la fin mais elle est vraiment à la hauteur de l’ensemble du récit. Elle est même absolument irrésistible ! Bref, lisez ce beau livre aux enfants pour les faire rêver et aussi pour leur donner confiance en eux !



Sinon, ouvrez bien l’œil et vous verrez des pois/points à chaque page…