mercredi 2 septembre 2015

"Une dernière chance" de Seita Parkkola

Chronique d'Anahita du blog Un simple tabou


L'histoire de Viima est sans aucun doute la plus sombre qu'il m'ait été donnée de lire jusqu'à présent. Cette histoire unique m'a profondément touchée et bouleversée. L'ambiance est glaçante, effrayante, voire glauque. On n'arrive pas à croire qu'une telle école puisse exister. Pourtant, l'auteure décrit les faits avec un tel réalisme, que le lecteur est forcé d'y croire. On se laisse entraîner par sa plume envoûtante, désirant à tout prix découvrir l'issue du récit.

La tension monte lentement, insidieusement. L'étau se referme progressivement sur Viima. Les enseignants, aidés de certains élèves, épient le moindre de ses faits et gestes. Chaque faux pas, aussi insignifiant soit-il, est lourdement sanctionné. Viima n'a plus le droit de faire de skate, de dire ce qu'il pense, de fréquenter ses anciens amis. Une menace constante, autant physique que morale, plane sur les élèves... L'École de la Dernière Chance est une geôle sordide et mystérieuse, qui renferme un terrible secret.

Rien n'est laissé au hasard : lieux, scènes, tout est étudié avec soin. Quant aux personnages, tous ont un caractère bien défini. Aucun d'entre eux ne m'a laissée indifférente. Peur, dégoût, haine, pitié ou tendresse, tous ont eu un impact sur moi. Virve Avanto, la conseillère d'éducation de l'École et nouvelle belle-mère de Viima, m'a particulièrement fait froid dans le dos. Cette femme redoutable est omniprésente ; elle sait tout, contrôle tout, est partout, comme une ombre. Les enfants de l'usine, India, Maou, et les jumeaux Ra et Lune, je les ai aimés de tout mon cœur. Livrés à eux-mêmes, ils sont dotés d'une force mentale incroyable, d'un courage, d'une imagination et d'une malice sans borne. Ils m'ont tout de suite rappelé les Enfants Perdus dans Peter Pan.

Les nordiques ont un véritable don pour raconter ce genre d'histoires. Digne des thrillers suédois, ce roman psychologique teinté de fantastique m'a donné la chair de poule à plusieurs reprises ; j'ai ressenti un certain malaise tout au long de ma lecture... Une dernière chance a remporté la Pépite du roman ado européen en 2011, décerné par le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil, et pour cause, c'est une véritable perle. Une perle noire très rare, que j'ai refermée avec un pincement au cœur. Une dernière chance me hantera durant des années, et jamais je n'oublierai Viima, India et les jumeaux. Jamais.