mardi 27 novembre 2018

"Mon âme frère" de Gaël Aymon

Chronique du blog Méli-Mélo de livres


Un titre magnifique et qui prend toute sa belle signification à sa lecture.

Le moins que l'on puisse dire est que ce roman est un acte d'amour au sens large à plusieurs niveaux :

- De l'auteur d'abord pour ses personnages puisque le lecteur retrouve ceux du roman Ma Réputation et Oublier Camille. Avec un va-et-vient des personnages, soit secondaires devenus principaux et vice versa. Quand on a lu les trois romans, cela donne du coup une autre perspective sur leurs choix, comme le carrousel de la vie. Cependant, on peut les lire indépendamment sans que cela nuise. Trop fort ! (D'ailleurs, je me demande si cette idée était là au départ ou si elle s'est construite peu à peu...).

- Des personnages ensuite : dans celui-ci la parole est donnée à Camille. C'est elle qui est en premier plan. Elle sort avec Yanis, celui d'oublier Camille qu'on découvre là différent. 

- Un acte d'amour entre eux déchiré par un choix d'avenir qui s'impose à Camille. Ou plutôt qui est imposé par d'autres, ses parents surtout. Mais Camille, elle, elle n'y arrive plus. Elle se cherche. Entre ces injonctions et le besoin viscéral d'être avec Yanis, le désir qui s'en mêle, ça fait beaucoup quand on est si jeune. L'auteur pose là une question essentielle. Celle du choix et de la liberté. Il y ajoute aussi un accent de féminisme (monologue de Camille qui malheureusement ne m'a pas convaincue car on sent la démonstration derrière).

- Un acte d'amour de parents aussi, certes empêtrés dans leurs exigences, leurs souhait pour leur fille d'intégrer une filière d'excellence. Ils s'y prennent mal, c'est sûr. La priver de portable, la menacer de la fliquer, plus de sortie avec ce garçon. Mais qu'aurait-on fait à leur place ? Le regard de leur fille sur leur vie et leur comportement est sans concession.

Finalement, Camille va trouver sa voie, avec l'aide d'autres adultes (ils font ce qu'ils peuvent aussi), s'affirmer auprès de ses parents, ébranler son amour mais il sera suffisamment fort pour s'épanouir.

On sent chez Gaël Aymon un réel intérêt pour les jeunes, on sent qu'il les fréquente, les écoute pour en parler si bien.
Il y a juste parfois l'aspect "J'ai eu envie de parler de ça" qui m' a un peu gênée, car cela se sent parfois. Je n'ai guère trouvé Camille crédible au début puis elle prend de l'épaisseur. Faut dire que j'avais terriblement envie de connaitre cette jeune fille qui a si tourneboulé Yanis dans le précédent roman !

Mon âme frère est un très beau roman sur la jeunesse d'aujourd'hui.