vendredi 9 novembre 2018

"Mon âme frère" de Gaël Aymon


Chronique du blog Wonderbook jeunesse


J’ai commencé ma lecture avec quelques à priori et préjugés sur l’intrigue. Je suis très exigeante concernant les histoires d’amour dans les romans, car bien souvent ce sont les mêmes stéréotypes que l’on voit défiler au fil des pages. Je ne suis donc pas vraiment la cible tout public pour ces romans-là. Donc ici, voir une fillette issue d’un monde bourgeois, bouder ses privilèges et envier le quotidien des autres… J’ai vraiment été sceptique !

Et pourtant ! J’ai vraiment été agréablement surprise. Si les premières pages m’ont moyennement convaincue sur le fond, j’ai vraiment été happée par la plume de Gaël Aymon. Il a une écriture fluide, brute, sans artifices. D’emblée, j’ai trouvé qu’il développait très bien l’aspect psychologique de ses personnages, alors j’ai voulu pousser un peu plus loin ! De chapitre en chapitre, il fait monter la tension avec brio. J’ai été la lectrice fébrile qui tourne les pages avec appréhension pour voir jusqu’où le mal-être de cette jeune fille pouvait la conduire elle, mais aussi sa famille et ses proches.

" Tu sais, je t’en ai pas vraiment parlé, mais c’est pas la joie au lycée. T’as pas de quoi être jaloux de ma vie ! Les gens m’aiment bien, les filles sont gentilles. […] Mais… je ne suis pas joyeuse. J’ai l’impression de ne jamais être moi avec eux, d’être l’intruse dans une classe de grosses têtes. "

On vit ses émotions à travers elle, on souffre avec elle et au final, on l’a comprend. On comprend la relation conflictuelle qu’elle entretient avec ses parents et les adultes en général. On comprend pourquoi elle aime Yanis par-dessus tout, au-delà de leurs différences respectives.

" Tu tentes d’éclaires mon chemin, tout en suivant le tien. Mais tu avances trop vite. Je m’embourbe et te perds de vue, sans savoir où aller. Je sais que pour moi, tout est foutu. Alors je reste seule et je me console en pensant que, de nous deux, le meilleur est sauvé. "

Le roman va bien plus loin que l’histoire d’une ado incomprise qui franchit les limites par amour. Ce roman est avant tout une mise en lumière du mal-être d’un bon paquet d’adolescents. Camille représente les incompris, ceux qui n’ont pas le droit d’être malheureux parce qu’en apparence ils ont tout pour être heureux. Moi la première j’avais ce préjugé alors ce récit m’a remis les idées en place ! Je remercie l’auteur pour cela !

Je pense que ce roman peut réellement apporter quelque chose de très positif pour les jeunes lecteurs. En aucun cas il n’est moralisateur non plus. Un joli condensé de valeurs fondamentales : le respect, l’écoute et l’empathie.