vendredi 9 novembre 2018

"Stolen" de Pascale Perrier

Chronique du blog Un livre dans ma valise


Jusque dans les années 70, des enfants aborigènes étaient arrachés à leurs familles pour être placés dans des institutions ou chez « des Blancs ». « Stolen » raconte l’histoire de l’une de ces familles. Un roman bouleversant et éclairant sur l’Histoire australienne.

Pour votre prochain voyage en Australie avec un ado, ce livre est incontournable pour comprendre l’Histoire australienne, et la place des Aborigènes dans la société.

« Stolen », un mot qui claque, qui interpelle, qui interroge.
« Volé » ? Un objet donc… non des humains ! Durant un siècle – de 1869 à 1969, des enfants aborigènes étaient séparés de leurs familles, du jour au lendemain et sans explication auprès des enfants pour être placés chez des Australiens blancs, dans des orphelinats ou des internats.

Si je connaissais ce phénomène avec les Indiens aux USA, j’ignorais complètement la situation pour les Aborigènes. Le Gouvernement australien a présenté officiellement ses excuses au peuple aborigène pour ces enlèvements (« stolen générations » – « générations volées ») et les mauvais traitements en 2008.

Stolen, un roman de Pascale Perrier sur les « générations volées » en Australie 

Inspiré d’histoires vraies, ce roman pour ados prend la forme d’un « road novel » : le lecteur va suivre le parcours de Joshua, 15 ans, adopté par une famille blanche depuis son plus jeune âge… et qui découvre qu’il est aborigène.

Sa sœur Ruby – dont il ne se souvient pas – surgit sans prévenir dans sa vie. Ils sont rapidement rejoints par leur grand frère pour former un trio de choc en quête de leur famille. A trois, ils vont essayer de remonter le cours de leur histoire cachée / volée pour renouer avec la culture aborigène dont ils n’ont que de vagues souvenir. Et voilà qu’un beau matin, ils embarquent dans une voiture brinquebalante pour retourner dans leur lointain village de l’Outback…

La force du roman tient dans la prise de paroles de chacun des protagonistes, dont la mère adoptive de Joshua. Alterner les points de vue, croiser les ressentis donnent matière à réfléchir. Dans ce roman, il est question de racines bien sûr, de déracinement, d’identité, de fratrie… Rien n’est simple pour chacun des protagonistes, et chacun se livre, se questionne, hésite dans ses choix. Rien n’est tranché, et c’est à chacun de choisir désormais le chemin qu’il souhaite poursuivre.

Autant vous le dire : le roman est passionnant… mais qu’est-ce que j’ai pleuré dès l’arrivée dans l’Outback ! La finesse psychologique de chaque protagoniste, la quête de vérité, mais aussi la peur de perdre son enfant pour la mère adoptive… Que d’émotions à digérer au cours de cette lecture… mais aussi quel portrait de l’Outback qui a fait resurgir chez moi des souvenirs déjà lointains de voyage en Australie.

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