lundi 17 février 2020

"PLS" de Joanne Richoux

Chronique du blog Hashtag Céline


Je n'ai rien vu venir. J'ai commencé PLS avec une certaine fougue et je me suis pris un bon aller-retour (oui, double claque) encore une fois.

Après ma lecture de Désaccordée (mais pas que), j'avais un peu oublié à quel point Joanne Richoux était douée pour nous faire le portrait d'une adolescence tourmentée et nous entraîner dans des histoires réalistes surprenantes.

Avec Sacha, vous allez vivre, heure par heure, le déroulement d'une "fête". Enfin cette fête en est plus une pour les autres que pour lui qui n'a pas le cœur ni la tête à s'amuser. Il reste en retrait, comme spectateur de la vie des autres.

Le temps défile et il va s'en passer des choses pendant cette soirée où l'alcool se consomme avec excès, le sexe s'invite dans certains recoins plus ou moins sombres et où la musique recouvre le tout de battements et rythmes étourdissants. Mais, au coeur de cette ambiance sensuelle et no limit, transpire un sentiment de trouble plus profond.

C'est Sacha. Il ne va pas bien. L'alcool, les médicaments et Elle, cette fille qui l'attire et le déstabilise, n'en sont pas responsables. C'est autre chose qui le tourmente. Personne ne semble pouvoir lui faire entendre raison ou l'apaiser, pas même sa sœur... Pourtant, elle est là, partout essayant de le sortir de sa torpeur.

Mais rien n'y fait, Sacha se laisse porter par les effets du Xanax, s'abîme, au risque de sombrer.

Ce texte est court. Il est intense, dur et cru.

Mais malgré tout ce que je viens de dire, c'est beau et émouvant. Parce dans toute cette obscurité, il y a quand même un peu d'amour. Pas simple, au milieu de tout ça. Il faut bien dire que les deux principaux concernés ne se facilitent pas la tâche. Ils s'affrontent et se cherchent. Vont-ils se trouver? Sacha va t-il accepter de lâcher prise. Va t-elle accepter de mettre un pied dans l'ombre?

L'amour est parfois dangereux. Et Elle n'a pas envie de rejoindre Sacha dans le noir. Mais, Sacha même au fond de l'abîme, l'attire irrésistiblement.

Et c'est beau aussi parce qu'il y a les mots de Joanne Richoux. Comme à chaque fois, elle a les bons, ceux qui sonnent justes, qui vous prennent aux tripes, ceux qui vous entraînent littéralement, ceux qui vous perdent et qui, vous assènent la vérité.

Vous êtes là, au coeur de cette fête, de ses excès et de ses débordements, et puis, soudain, tout prend sens.


Je ne vais pas m'appesantir sur sa façon d'écrire que j'ai déjà tenté de décrire à de nombreuses reprises (Marquise, Les Collisions, Toffee Darling (tous trois parus chez Sarbacane) ou encore Désaccordée) mais vraiment, PLS est un texte très dur et très beau qui prouve (s'il y avait besoin...) et nous montre que l'autrice excelle dans ce genre de textes qui parle des sens en éveil, des ados qui sombrent, du mal-être, de l'envie de s'en sortir et de l'amour...

Je ne dévoile rien de plus de ce texte qui mérite de garder sa part de secrets.

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